Archive | décembre, 2010

La lutte, c’est class (action)

9 Déc

En tout premier lieu, je tiens réellement à m’excuse pour ce titre lamentable, mais j’ai des excuses: la fatigue, la patinoire, le froid et le reste.

Une fois de plus, c’est sur France Inter que j’ai entendu parler de ce procès révolutionnaire chez nos copains les américains, qui oppose le leader mondial de la distribution à … l’ensemble des ses salariées.

Tout commence en 2001, quand Betty Dukes et six de ses collègues se lancent dans un procès pour discrimination liée au sexe, aussi bien dans des inégalités salariales que pour l’impossibilité de progresser dans l’entreprise. En 2004, un juge a validé le fait que ce procès puisse se transformer en class action, c’est à dire que les plaignantes sont autorisées à représenter l’ensemble des personnes ayant aussi été discriminées sur les mêmes caractéristiques, à savoir l’ensemble des salariées depuis 2001. Le passage d’un procès lambda à une class action a été possible car les plaignantes ont réussi à montrer que la discrimination dont elles ont été victimes n’étaient pas des cas isolés, mais dépendaient fondamentalement de la stratégie d’entreprise, puisque les ressources humaines sont centralisées.

Wal Mart a d’ores et déjà annonce qu’ils iraient en Cour d’appel en cas de condamnation, mais cette affaire a deux mérites:

– quelque soit l’issue, Wal Mart risque de voir son cours de bourse fléchir en même temps que sa réputation se noircit un peu plus.

En effet, WM est déjà largement connu pour discrimination syndicale. Chaque fois qu’une cellule syndicale est créée dans un de ses sites, la solution est radicale: fermeture du site. Il y a aussi la discrimination sur l’état de santé: un document établissant une procédure de sélection des employés avait fait grand bruit lors de sa publication dans la presse. L’entreprise prévoyait en effet de faire travailler ses nouveaux salariés à un rythme très éprouvant au moment de leur intégration, afin de repérer les plus faibles et de s’en séparer pendant leur période d’essai. Un moyen d’économiser sur l’assurance maladie accessible à tous les employés (en bonne santé).

– cette classe action, qu’elle aboutisse ou non, est un premier pas vers de nouvelles class actions. Le risque financier est énorme et c’est à mon sens la seule solution de contraindre les entreprises à mettre en place des politiques égalitaristes. En effet, tout raisonnement se fait à partir d’une analyse risque – opportunité. Tant que la probabilité d’occurrence d’un évènement (être condamné en class action) multipliée par le coût qui lui est associé (les rattrapages de salaires pour toutes les employées depuis 2001) reste inférieur au coût de mise en place d’une politique d’égalité, l’entreprise ne bouge pas.

Je suivrai ce procès avec la plus grande attention et j’espère qu’il ouvrira des portes à d’autres actions du même genre. Sans jeu de mot.

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Du mieux… Mais…

8 Déc


La Barbe a remis un prix à Radio France qui dévoilait le nom de la personnalité culturelle de l’année. Oh terrible mystère planait autour de son identité, mais point sur son sexe. Parmi 8 préposés masculins, peu de risque que le vainqueur soit une femme!

Un autre prix est lancé, celui du sportif de l’année. A nous de choisir entre 14 sportifs, dont 4 sportives. A noter que deux équipes nationales y figurent: l’équipe de France de rugby et celle de handball… les deux étant masculines, cela va sans dire.

Nan mais!

congrès international féministe: Qui y était

6 Déc

Je n’ai malheureusement pas pu me rendre au Congrès International Féministe ce week-end. Si vous y étiez et que vous avez pris quelques notes, faites le moi savoir!

J’ai lu Marcela Iacub, et j’ai pas aimé (du tout)

3 Déc

Sur les conseils d’une collègue, j’ai lu « Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle » et je n’ai pas du tout aimé.

Qu’on se comprenne bien. Je n’ai vraiment pas aimé, qu’il s’agisse du contenu comme de la façon de l’exposer.

Pour ce qui est du contenu, c’est bien simple: le féminisme est conservateur puisqu’il réduit la sexualité à un rapport de domination des hommes sur les femmes, alors que depuis les années 1970 (et la libération sexuelle), on ne devrait pas interdire la sexualité.

Sauf que pour Marcela Iacub, dans sexualité, il y a prostitution. Voilà, voilà pour le contenu.

La question de la prostitution a toujours été une question clivante, même entre féministes, je peux donc comprendre l’intérêt de faire un bouquin pour défendre et argumenter sa position. Oui mais, il y a argumentation et argumentation.

Le bouquin consiste en une réflexion menée par Louise Tugènes, décrite comme une « idiote », terme défini comme quelqu’un qui mets plus longtemps que les autres à comprendre une notion quelconque.

Si cette démarche peut revêtir un intérêt pour avancer pas à pas dans un questionnement, une recherche des réponses disponibles puis leur critique, Marcela use et abuse de ce procédé en y adjoignant des exemples caricaturaux. Tout au long de ce récit, sa méthodologie reste la même. Je pose un principe, généralement représentant la majorité dans le monde féministe, j’oppose un exemple caricatural qui va à l’encontre dudit principe. Tu ne peux pas être d’accord avec l’exemple présenté, donc tu te positionnes contre le principe du départ. Et elle répète cela indéfiniment.

Louise commence par constater que malgré la libération sexuelle proclamée, le quart des personnes incarcérées en France l’est pour des crimes sexuels. Elle lie rapidement le crime sexuel au viol (absence de consentement) et y oppose donc la prostitution dont le fondement même est un consentement contractualisé. Elle soutient ensuite que la prostitution est un formidable moyen de se faire un peu d’argent, surtout lorsqu’on est étudiante, et en très peu de temps, laissant loisir à toutes d’étudier un max pour faire une brillante carrière par la suite. Elle reconnaît tout de même que cela peut être difficile d’un point de vue éthique, mais franchement, est-ce plus difficile que de bosser chez Mc Do’ alors qu’on est végétarienne convaincue? (principe / contre principe caricatural).

A ce moment là, j’ai pensé à brûler le bouquin, puis je me suis souvenue qu’il appartenait à une collègue, puis je me suis dit que ça ferait un chouette sujet d’article, et puis il me restait un max de stations de métro à faire, alors…

Mais il y a tout de même des moments où cette méthode argumentative atteint des sommets.

C’est le cas quand Louise appelle une amie pour lui parler de ses recherches et que cette dernière lui confie qu’elle est actuellement en procès contre la professeure de son fils qui a tenté d’abuser de ce dernier. Louise appelle le fils en question qui a 17 ans et qui lui parle de la formidable histoire d’amour qu’il vivait avec sa jeune prof’ jusqu’à ce que sa mère s’en mêle et leur piétine le cœur sans scrupule. On en revient à principe unanimement reconnu (il faut protéger les enfants des abus sexuels) / contre exemple caricatural (en réalité l’enfant a 17 ans, il est heureux avec cette femme).

Ce modèle revient aussi avec sa belle mère qui s’est fait stérilisée très jeune pour ne pas prendre le risque de tomber enceinte (féministe affirmée) et qui finalement décide de faire appel à une mère porteuse à un âge très avancé et se définit comme « co-auteure » de l’enfant à naître.

Bref, une fois qu’elle nous a fait le coup trois fois, et que l’on comprend que la trame même de ce bouquin ressemble fortement à une démonstration par l’absurde, que l’énervement retombe et qu’on a reposé le briquet pourtant quelques minutes plus tôt près à brûler le livre, il devient intéressant d’anticiper les cas extrêmes qu’elle va nous sortir de son chapeau afin de déconstruire le féminisme actuel.

Navrant…

Sortez couvert(e)s!

1 Déc

Aujourd’hui c’est la journée mondiale de lutte contre le sida.

Pour éviter de réécrire ce qui est déjà très bien dit sur la toile, voici quelques liens à consulter:

A dire d’elles fait un article très complet sur un aspect pas forcément relayé par les média: l’épidémie se féminise.

A faire: un quiz sur le VIH. J’ai fait un score lamentable, mais au moins j’ai appris plein de trucs.

Le chiffre à retenir : 50 000, soit le nombre de personnes qui sont contaminées sans le savoir.

Le numéro de tel. à mémoriser : 0 800 840 800, celui de Sida Info Service. En l’appelant, vous pouvez poser toutes les questions qui vous tracassent, de manière anonyme et gratuite.

Le slogan à se rappeler: sortez couverts. Seule le préservatif protège d’une contamination contre l’ensemble des maladies sexuellement transmissibles.