Quotas dans l’administration fédérale en Belgique

29 Mar

Une bonne nouvelle sur le front de l’égalité!

Le gouvernement belge a décidé d’imposer 33% de femmes à l’horizon 2013 dans les postes à responsabilité de l’administration fédérale. Ce secteur ne compte aujourd’hui que de 13% de femmes parmi les top managers et 27% parmi les fonctionnaire-chefs. C’est la vice-Première ministre, ministre de l’Intérieur et de l’Egalité des Chances, Joëlle Milquet, et le Secrétaire d’Etat à la Fonction publique et à la Modernisation des Services publics, Hendrik Bogaert, qui ont porté cette mesure qui s’ajoutent à un ensemble de réalisations assez exemplaires visant à la féminisation de l’administration fédérale:

– Un réseau de femmes,

– Un service spécifique pour celles souhaitant exercer un poste de manager,

– Les descriptifs de postes de managers ont été adaptés et rendus neutres après une analyse des genres,

– Une formation en « sélection et diversité » comprenant des thèmes liés au genre est obligatoire pour tous les experts en sélection du Selor (organisme centralisant les demandes d’emploi dans l’administration).

Si ces mesures ont permis d’accroître le nombre de candidates aux postes de management, ce sont encore des hommes qui occupent majoritairement ces fonctions, malgré des taux de réussite aux tests de recrutement similaires.

Les blocages existent à deux niveaux:

Le plafond de verre fait que les femmes ne candidatent pas à un poste à responsabilité, par manque d’exemples dans la société ou par manque de temps (les femmes assurent 80% des tâches ménagères).

Le plancher de verre fait que les personnes, majoritairement des hommes, en charge de sélectionner les candidats freinent l’ascension hiérarchique des femmes en choisissant des profils similaires au leur (reproduction sociale) et appartenant à leur réseau.

L’introduction des quotas agit à ces deux niveaux. Ils contraignent les recruteurs à dépasser leur schéma de sélection et la féminisation de la hiérarchie d’une organisation en résultant permet de pousser la candidature d’autres femmes qui peuvent se projeter dans un profil de poste à responsabilité.

Les résultats des tests du Selor, comme des données plus larges (forte présence des femmes parmi les diplômés) montrent que les femmes sont aussi compétentes que les hommes. Avoir un faible taux de féminisation signifie donc pour une organisation de se priver des meilleurs candidats, et ça se paye. Comme le note Joëlle Milquet: “Il y a une corrélation entre les performances économiques d’un pays et son niveau d’égalité entre les femmes et les hommes. Il est en effet frappant de constater que parmi les pays européens, presque tous les Etats dont le PIB est supérieur à celui de la Belgique (Islande, Norvège, Suède, Danemark, Irlande, Pays-Bas, Suisse, Grande-Bretagne) ont des meilleurs résultats en matière d’égalité femmes/hommes. Nous devons donc nous employer à progresser encore davantage. »

Un exemple à suivre!

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