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J’ai lu Marcela Iacub, et j’ai pas aimé (du tout)

3 Déc

Sur les conseils d’une collègue, j’ai lu « Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle » et je n’ai pas du tout aimé.

Qu’on se comprenne bien. Je n’ai vraiment pas aimé, qu’il s’agisse du contenu comme de la façon de l’exposer.

Pour ce qui est du contenu, c’est bien simple: le féminisme est conservateur puisqu’il réduit la sexualité à un rapport de domination des hommes sur les femmes, alors que depuis les années 1970 (et la libération sexuelle), on ne devrait pas interdire la sexualité.

Sauf que pour Marcela Iacub, dans sexualité, il y a prostitution. Voilà, voilà pour le contenu.

La question de la prostitution a toujours été une question clivante, même entre féministes, je peux donc comprendre l’intérêt de faire un bouquin pour défendre et argumenter sa position. Oui mais, il y a argumentation et argumentation.

Le bouquin consiste en une réflexion menée par Louise Tugènes, décrite comme une « idiote », terme défini comme quelqu’un qui mets plus longtemps que les autres à comprendre une notion quelconque.

Si cette démarche peut revêtir un intérêt pour avancer pas à pas dans un questionnement, une recherche des réponses disponibles puis leur critique, Marcela use et abuse de ce procédé en y adjoignant des exemples caricaturaux. Tout au long de ce récit, sa méthodologie reste la même. Je pose un principe, généralement représentant la majorité dans le monde féministe, j’oppose un exemple caricatural qui va à l’encontre dudit principe. Tu ne peux pas être d’accord avec l’exemple présenté, donc tu te positionnes contre le principe du départ. Et elle répète cela indéfiniment.

Louise commence par constater que malgré la libération sexuelle proclamée, le quart des personnes incarcérées en France l’est pour des crimes sexuels. Elle lie rapidement le crime sexuel au viol (absence de consentement) et y oppose donc la prostitution dont le fondement même est un consentement contractualisé. Elle soutient ensuite que la prostitution est un formidable moyen de se faire un peu d’argent, surtout lorsqu’on est étudiante, et en très peu de temps, laissant loisir à toutes d’étudier un max pour faire une brillante carrière par la suite. Elle reconnaît tout de même que cela peut être difficile d’un point de vue éthique, mais franchement, est-ce plus difficile que de bosser chez Mc Do’ alors qu’on est végétarienne convaincue? (principe / contre principe caricatural).

A ce moment là, j’ai pensé à brûler le bouquin, puis je me suis souvenue qu’il appartenait à une collègue, puis je me suis dit que ça ferait un chouette sujet d’article, et puis il me restait un max de stations de métro à faire, alors…

Mais il y a tout de même des moments où cette méthode argumentative atteint des sommets.

C’est le cas quand Louise appelle une amie pour lui parler de ses recherches et que cette dernière lui confie qu’elle est actuellement en procès contre la professeure de son fils qui a tenté d’abuser de ce dernier. Louise appelle le fils en question qui a 17 ans et qui lui parle de la formidable histoire d’amour qu’il vivait avec sa jeune prof’ jusqu’à ce que sa mère s’en mêle et leur piétine le cœur sans scrupule. On en revient à principe unanimement reconnu (il faut protéger les enfants des abus sexuels) / contre exemple caricatural (en réalité l’enfant a 17 ans, il est heureux avec cette femme).

Ce modèle revient aussi avec sa belle mère qui s’est fait stérilisée très jeune pour ne pas prendre le risque de tomber enceinte (féministe affirmée) et qui finalement décide de faire appel à une mère porteuse à un âge très avancé et se définit comme « co-auteure » de l’enfant à naître.

Bref, une fois qu’elle nous a fait le coup trois fois, et que l’on comprend que la trame même de ce bouquin ressemble fortement à une démonstration par l’absurde, que l’énervement retombe et qu’on a reposé le briquet pourtant quelques minutes plus tôt près à brûler le livre, il devient intéressant d’anticiper les cas extrêmes qu’elle va nous sortir de son chapeau afin de déconstruire le féminisme actuel.

Navrant…

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le Pape et la capote

20 Nov

Le Pape Benoît XVI admet l’utilisation du préservatif. L’exemple donné par le Saint Père fouettard est le cas d’un homme prostitué.

Utiliser un préservatif dans ces conditions ça

peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité permettant de prendre à nouveau conscience que tout n’est pas permis et que l’on ne peut pas faire tout ce que l’on veut.

Mais (parce que faut arrêter de déconner deux minutes)

ce n’est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l’infection du VIH

Ben ouais les jeunes! Une seule solution, la non-fornication!

Et ouais:

Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c’est exactement le danger que beaucoup de gens considèrent le sexe non plus comme une expression de leur amour, mais comme une sorte de drogue, qu’ils se fournissent eux-mêmes

On gardera tout de même en mémoire que les précédents discours condamnant le port du préservatif même pour prévenir les MST et leurs conséquences sur les pratiques à risques dans les pays où la prévalence du VIH atteint des sommets…