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Accompagnement des lycéennes enceintes à Roubaix?

30 Nov

Ça faisait plusieurs matins que j’entendais d’une oreille une réclame sur inter qui m’interpelait mais que je ne parvenais pas à écouter entièrement (comprendre: je ne suis pas encore bien réveillée le matin, et mon esprit à du mal à décoller de ma tasse de thé). Puis, ce matin, je me suis forcée à me concentrer en tendant l’oreille, je n’avais pas rêvé.

C’est une réclame pour la Fondation de France qui dit en gros qu’il faut aider les lycéennes enceintes à concilier maternité et études. J’ai eu du mal à y croire. Cette fondation se définit comme soutenant

des projets concrets et innovants qui répondent aux besoins des personnes face aux problèmes posés par l’évolution rapide de la société.

Dès que j’ai eu une minute, j’ai été vérifier sur le site internet sans trouver. J’ai donc tapé dans google :

fondation de france grossesse lycéenne

pour tomber sur ce document qui précise:

Lycéennes et jeunes mamans, Lycée jean Moulin de Roubaix Lycéennes et enceintes… Difficile pour des adolescentes et leurs compagnons d’assumer simultanément enfant, études et gestion de la vie quotidienne. La Fondation de France soutient cette initiative dans le but d’éviter que naissance ne rime avec exclusion scolaire. Le projet vise à aider et conseiller les jeunes parents-élèves en leur permettant de mener à bien leur projet de vie dans les meilleures conditions d’accès aux soins et aux droits. Un livret d’accueil et de suivi élaboré par l’assistante sociale et l’infirmière scolaire, une aide pour les inscriptions en
crèche, l’organisation de réunions thématiques facilitent le quotidien des jeunes filles. Le suivi concerne également la scolarité et le lien avec les familles. Les professionnels des différentes institutions concernées par les grossesses adolescentes travaillent en réseau afin de former les équipes à cette problématique.

J’avoue qu’à ce stade, je suis un peu surprise de l’action de la Fondation de France, puisque je ne pense pas que devenir maman à un âge si précoce soit épanouissant pour une femme et je crains l’action pro-life…

Je tombe pourtant sur une interview de Suzanne Six, assistante sociale au lycée en question, apparemment à l’origine de cette initiative disant:

« Nous n’intervenons qu’une fois que l’adolescente a fait son choix : avorter ou poursuivre sa grossesse »

Mais revenons-en à la recherche google. Et là, gros choc. le deuxième lien disponible n’est autre qu’un site (que je ne linkerai pas, je ne vais pas en plus améliorer leur référencement) dont le look ressemble étrangement à un site dont j’ai parlé dans un précédent article, la preuve:

Si je n’ai pas retrouvé leur « numéro sos ivg » comme dans les deux autres sites, la ligne éditoriale est  clairement anti-ivg, avec des articles sur les prétendus syndromes post-abortifs et une sacrée dose de vidéo condamnant l’avortement.

Alors, je me pose des questions. Dans quelle mesure instituer un accompagnement pour les lycéennes enceintes est un progrès, dans le sens où il vaudrait mieux donner à celles-ci les moyens de contraception leur permettant d’avoir une sexualité sans risque. Après, oui, il y a certainement des lycéennes ayant un fort désir de maternité, que je me refuse à juger ici, et qui doivent être accompagnées dans cette épreuve. Pourtant, quand je lis dans cet article datant de juin de 2009, et pour un dispositifs adopté dans tous les lycées publics du district de Roubaix en septembre 2007, que

Dans les 18 derniers mois, 36 jeunes filles du district ont bénéficié de cet accompagnement.

Je me pose des questions sur le bien fondé de cette démarche.

Le 6 Novembre, toutes et tous dans la rue

4 Nov

Vous faites quoi samedi? Déjeuner chez mémé? Grasse mat’ en amoureux? Journées entre copines?

Reportez et venez manifester pour défendre le droit à l’avortement en France.

Voici le communiqué d’Osez le Féminisme:

Communiqué de presse

Jeudi 4 novembre 2010

Non ma sœur, tu n’iras plus avorter !

Depuis de nombreuses années, l’unique boussole du gouvernement en matière de politique hospitalière est la rentabilité financière des établissements. Une des conséquences de cette politique est la fermeture de dizaines de centres d’interruption de grossesse jugés « non rentables » partout en France : la logique économique l’emporte sur les droits des femmes.

Il est temps pour Madame Bachelot d’ouvrir les yeux. L’accès à l’avortement ne cesse de reculer, comme l’IGAS l’a constaté dans un rapport de février dernier. Dans les campagnes, dans les banlieues, dans les centres villes, les femmes rencontrent des obstacles toujours plus nombreux pour avorter. Dans les têtes, le droit à l’avortement est un acquis. Dans les faits, c’est souvent le parcours de la combattante.

Le droit à disposer de leur corps est la première condition de l’autonomie des femmes. Pourtant, c’est encore un sujet tabou, y compris chez les jeunes. Le gouvernement s’appuie sur ce tabou pour attaquer ce droit de manière insidieuse.

Le recul de l’accès à l’avortement, droit si chèrement gagné par le mouvement féministe, est inacceptable. C’est pourquoi Osez le féminisme ! participera à la manifestation nationale lancée par l’ANCIC, la CADAC et le MFPF pour la défense du droit à l’avortement et contre le démantèlement de l’hôpital public le samedi 6 novembre à Paris.

Le cortège partira de la Place d’Italie à 14h.

Une femme à la tête du Brésil

2 Nov

Si on attendait une élection de Dilma Rousseff dès le premier tour et haut la main, il aura fallu attendre le 31 Octobre pour voir la première femme arriver à la présidence de ce grand pays qu’est le Brésil.

Mais le plus dur reste devant elle, entre construction d’une présidence propre et sans Lula en marionnettiste, lutte contre les mouvements religieux, dilemme entre économie et programmes de développement.

L’avortement reste le point noir de Dilma qui a dû signer un engagement entre les deux tours à ne pas revenir sur cette interdiction pendant son mandat.

Lula avait déjà eu à gérer ce clivages entre religion (un pilier aussi important que le foot au Brésil) et développement. Sa solution avait été de se déclarer personnellement opposé aux programmes de contraception et de prévention mais que sa responsabilité de chef de l’Etat était de se pencher sérieusement sur ce problème du nombre de grossesses non désirées, d’avortements clandestins et de décès causés par ceux-ci.

Tout reste donc à faire pour Dilma sur les questions des droits des femmes dans ce géant économique mais dont les inégalités restent importantes.

Faire parler les chiffres, la Croix maîtrise le sujet.

5 Mar

La Croix publie les résultats d’un sondage commandé par l’Alliance pour les droits de la vie sur l’avortement.

En gros, les françaises se  prononcent majoritairement pour l’avortement (85%) mais 61% trouvent également qu’il y a trop d’avortements. A la suite de ce constat, je trouve les questions assez orientées. Et je ne parle pas du titre de l’article qui résume « Pour les françaises, il y a trop d’avortements ».

Après avoir demandé si l’IVG laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes (oui à 83%), les sondeurs posent les questions suivantes:

– Pensez-vous que la société devrait aider les femmes à éviter le recours à l’IVG (oui à 60%)

– Pensez-vous que cela serait une bonne chose de mieux faire connaître à certaines femmes enceintes qui auront de lourdes difficultés personnelles à élever leur enfant, la possibilité de le confier à l’adoption dès sa naissances (oui à 67%)

– A ce jour le livret officiel d’informations remis aux femmes enceintes consultant en vue d’une IVG comporte uniquement des indications sur les démarches pour avorter. Une proposition a été faite pour modifier ce livret en y intégrant le détail des aides aux femmes enceintes et aux jeunes mères. Êtes-vous favorable à cette proposition (oui à 83%)

et… c’est tout.

Pas de question du type « pensez-vous que généraliser la contraception en permettant aux femmes de choisir leur moyen de contraception serait une bonne chose? ». Aucune information sur la position des femmes (l’échantillon est exclusivement féminin) sur la contraception.

Chouette. On établit un constat, mais on se désintéresse complètement de ce qui se passe en amont.

Bien sûr qu’il y a toujours « trop » d’avortements, donc trop de grossesses non désirées. Comment la proposition de lutter contre ce problème peut être de promouvoir l’adoption ou les aides aux mères en difficulté?

Une seule solution: la généralisation de la contraception, et surtout de la contraception sur mesure. La pilule n’est pas le seul moyen de contraception, et il ne convient pas à toutes les femmes.

Il y a encore du boulot!

M. de Boer en politique…

1 Mar

Une amie m’envoie un article du Monde qui traite de la liste de de Boer aux régionales en Ile de France. Le point central de son programme est la lutte contre l’avortement (qu’il compare délicatement au génocide au Rwanda) par la proposition d' »alternatives à l’avortement » dans les hôpitaux et la création de crèches dans les lycées et les universités. (Muahahahhahahahaah)

Outre le fait que je trouve risible ses propositions d’alternatives à l’avortement (on imagine bien, et on a déjà vu, toute la subtilité de ce type d’actions), je trouve franchement hallucinant le fait qu’il définisse sa démarche comme étant « politique et non confessionnelle », alors même qu’il annonce répondre à l’appel de Benoît XVI, invitant « les catholiques à s’engager en politique » pour promouvoir « les sujets non négociables à ses yeux : la famille et le respect de la vie ».

A contrario, à ses yeux une liste musulmane ne pourrait être que communautariste mais certainement pas à portée universaliste.

En parlant d’universalisme, je ne résiste pas à la tentation de mettre une citation de M. Boer himself:

« La France est une terre chrétienne. La laïcité, ce n’est pas l’absence de religion dans le débat public. Nous sommes certes l’émanation politique d’une pensée fondée sur des valeurs chrétiennes. Mais il ne s’agit pas pour nous de défendre une religion contre une autre ou d’appeler à une théocratie. Nous défendons le respect de l’homme. »

Le respect de lhomme, universalisme?

Sans Blagues!

accès à la contraception et à l’IVG « compliqué » en France

2 Fév

C’est ce que dit en résumé le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales. Avec 200 000 IVG par an, les principales faiblesses pointées sont le manque d’information, souvent due au manque d’éducation.

Un Français sur quatre (et jusqu’à un sur trois chez les 15-20 ans) pense que la pilule peut rendre stérile et fait grossir. Deux tiers des filles en classe de 3e pensent encore qu’on ne peut pas être enceinte lors du premier rapport sexuel. Certaines filles pensent qu’elles ne peuvent se retrouver enceintes que le quatorzième jour de leur cycle, d’autres pensent qu’il ne faut se protéger qu’avant ou après les règles.

personnellement, je me souviens parfaitement que lors de mes cours de biologie au collège, le prof (et le bouquin support) nous apprenait que l’ovulation avait lieu le 14ème jour du cycle…

Sont également soulignés l’accessibilité « limitée » aux centres de planification familiale et le rôle insuffisant de l’Éducation nationale en matière d’éducation sexuelle, ce qui constitue pourtant une obligation légale depuis 2001.

Le rapport pointe également l’impossibilité des jeunes de se procurer un moyen de contraception de manière autonome, d’un point de vue financier et pratique (carte vitale des parents à présenter).

Il y a également un problème de prise en charge de l’IVG, alors que 40% des femmes françaises auront recours à l’IVG dans leur vie. Le nombre d’établissements pratiquant l’IVG est passé de 729 en 2000 à 639 en 2006. Le choix de la méthode d’IVG (par médicaments ou par voie chirurgicale) s’en trouve réduit. L’IVG chirurgicale est de moins en moins pratiquée, car « peu attractive » financièrement, entraînant de fait l’exclusion des IVG entre la neuvième et la douzième semaine.

La contraception est également inadaptée, puisque 72% des femmes ayant recours à l’IVG sont sous contraceptif. Les médecins sont frileux à prescrire d’autres méthodes que la pilule pour les nullipares, alors que d’autres pays n’ont aucun problème avec le fait de prescrire un stérilet hormonal à ces dernières.

Les engagements de Roselyne Bachelot sont un premier pas, mais très loin d’être suffisant.

Osez le Féminisme à fait un communiqué de presse, accessible là

Sites anti-ivg, une action concrète

29 Jan

J’ai reçu un email de l’auteure de l’article dénonçant un site soi-disant à but informatif sur l’IVG et qui donne de fausses informations. (pour rappel).

Elle a eu la bonne idée d’acheter les noms de domaines sos-ivg.fr et sos-ivg.net et d’en faire un site d’information objective sur l’IVG.

Le but est d’améliorer le référencement de ce site, de sortes qu’il arrive avant les sites mensongers lors d’une recherche « ivg » ou « avortement » sur google.

Un coup de main? Cliquez sur les deux liens sos-ivg.fr et sos-ivg.net!

merci!